Vivre la PMA

PMA et travail, comment les concilier ?

Vous n’avez certainement pas attendu cet article pour constater qu’allier PMA et travail est loin d’être chose facile. Aux traitements que vous supportez quotidiennement, se superposent l’organisation de vos journées et les absences inévitables au travail.

Lorsque l’entourage professionnel est sensibilisé au monde de la Procréation Médicalement Assistée, cela réduit un peu la charge mentale. Cependant, et à mon grand regret, nos parcours sont parfois très mal perçus dans le monde du travail. Et pour cause : parce que nous nous absentons fréquemment (comme si c’était une partie de plaisir !)🙄, parce que nous sommes moins productives, parce que nous traînons une fatigue physique et émotionnelle intense.

Ainsi, au lieu d’alléger le quotidien, le travail peut rapidement l’alourdir par un tas de contrariétés. Dans ces moments-là, nous avons besoin de nous préserver. Néanmoins, nous devons bien continuer d’assumer notre rôle professionnel. En effet, les arrêts médicaux sont loin d’être monnaie courante. Et c’est là que les choses se corsent. Comment faire pour concilier PMA et travail ?

Faut-il en parler à son employeur ?

Possibilité n°1 :

Lorsqu’on suit un parcours PMA, cela touche à une partie très intime de notre être. Et on n’a pas forcément envie de déballer sa vie privée au grand jour. Si vos rendez-vous peuvent être planifiés très tôt le matin, avant que votre journée de travail commence, vous pourrez peut-être éviter d’en parler à votre employeur. Surtout si vous jugez qu’il pourrait vous en tenir rigueur par la suite ou que cela pourrait nuire à votre carrière.

Possibilité n°2 :

Malheureusement, cette organisation n’est pas possible dans tous les secteurs d’activité. Et là, il sera moins envisageable de passer totalement sous silence votre parcours PMA. Dans un souci de transparence, autant prévenir son employeur sans trop entrer dans les détails. Au moins, vous jouerez cartes sur table. Vous lui annoncerez dès le départ le parcours que vous allez devoir affronter.

De toute façon, il vous demandera certainement des justificatifs prouvant vos absences pour raison médicale. Certains employeurs ont d’ailleurs connu, eux aussi, la Procréation Médicalement Assistée et comprennent bien les lourdeurs des protocoles. Ainsi, parler de votre situation à votre employeur pourrait vous enlever une épine du pied et vous faciliter le quotidien.

Et les collègues dans tout ça ?

Vous ne souhaitez certainement pas que votre intimité soit exposée au grand jour, et je vous comprends totalement. Certes, il vaut mieux annoncer ce que vous vivez à votre employeur. Cependant, en ce qui concerne les collègues, il faut peser le pour et le contre. Si vous êtes proche de certains, autant leur confier ce que vous vivez. Comme nous en parlions dans l’article “PMA et bien-être, c’est possible ?”, les collègues bienveillants pourront vous accompagner à leur manière dans les moments les plus difficiles.

Malheureusement, vous affronterez peut-être des échecs durant votre parcours. Ces périodes plus difficiles joueront automatiquement sur votre moral. C’est pourquoi il est plus réconfortant de trouver des mains tendues dans son entourage professionnel. Enfin, laissez de côté les collègues nocifs. Vous n’avez aucun compte à leur rendre ! Dans tous les secteurs professionnels, il y a des gens médisants. Et ils ne manquent pas d’appuyer là où ça fait mal, n’est-ce pas ?😢 Inutile de s’encombrer avec la négativité de ces personnes.

PMA et travail, que dit la loi ?

Mon parcours PMA a duré plus d’un an. J’ai donc dû me rendre à l’hôpital un nombre incalculable de fois. À l’époque, j’enseignais dans un lycée. Et j’étais sans cesse tiraillée entre les rendez-vous médicaux et la culpabilité à l’idée de ne pas être assez présente pour mes élèves.

Cas concret

Comme j’étais consciencieuse dans mon travail (et que cette satanée culpabilité me rongeait), je prévoyais systématiquement des activités pour les élèves dès que je devais m’absenter. Je me suis parfois usée sur la route, enchaînant des allers-retours, quitte à y laisser une partie de ma santé.

En remerciement, la direction de mon établissement m’a gentiment sommée de rattraper les heures que je n’avais pas effectuées. Charmante attention. 😟Heureusement, j’avais prévu le coup et j’ai pu brandir le texte de loi qui m’a permis de me défendre. Dommage d’en arriver là. J’attendais du soutien, j’ai récolté des reproches.🤦

Article 87 de la loi du 28 janvier 2016

Comme le stipule l’article 87 de la loi du 28 janvier 2016, vous AVEZ LE DROIT de vous absenter pour vos rendez-vous médicaux obligatoires dans le cadre d’un protocole PMA : prises de sang, échographies, rendez-vous avec le gynécologue, actes divers liés à une insémination artificielle ou à une fiv, etc.

La salariée recourant à une PMA bénéficie d’une autorisation d’absence pour réaliser les actes médicaux nécessaires.

Le but, bien entendu, n’est pas de dégainer cet article dès que vous évoquez votre parcours PMA avec votre supérieur. Néanmoins, si la situation devient litigieuse, vous pourrez prouver que vous êtes dans votre bon droit.

PMA et travail : comment ne pas craquer ?

À force de jongler entre vos rendez-vous médicaux et le travail, il y aura probablement un moment on vous vous sentirez épuisée. C’est dans ces phases qu’il faut savoir s’écouter et se rendre chez son médecin. Pendant mon parcours, j’ai voulu être infaillible et rester forte. Je tirais insensiblement sur la corde. Et si je ne me suis pas totalement écroulée, c’est parce que mes proches m’ont parfois portée à bout de bras.

Si j’avais su, je me serais écoutée. Parce que personne ne vous donnera de médaille au travail, mieux vaut se rendre chez son médecin et s’arrêter quand on sent qu’on est sur le fil, ne serait-ce que deux ou trois jours. C’est de cette façon que vous prendrez soin de votre santé. Les pauses permettent de mieux repartir, de s’armer pour affronter un nouveau protocole. Et elles restent le rempart pour ne pas craquer.

Et si j’ai besoin de vider mon sac ?

De nombreux centres PMA proposent une aide psychologique aux personnes qui luttent pour devenir parents. Il ne faut pas hésiter à solliciter les professionnels. Ils connaissent les problématiques inhérentes à la PMA. Dans un premier temps, ça sera l’occasion de vider votre sac. Ensuite, ils pourront vous donner des pistes pour mieux gérer la charge mentale associée au travail.

Télétravail, le juste équilibre entre PMA et travail ?

Dans la mesure où le télétravail s’est démocratisé ces derniers temps, celui-ci peut être la solution pour trouver un équilibre entre PMA et vie professionnelle. Non seulement, vos horaires seront davantage modulables, mais vous échapperez certainement à une bonne dose de stress supplémentaire.

Si le télétravail est favorisé dans votre secteur d’activité, parlez-en le plus rapidement possible avec votre employeur. Il peut être intéressant de faire d’une pierre deux coups : abordez le sujet du télétravail dès que vous lui annoncez votre parcours PMA. Des solutions existent.

Vous l’avez probablement déjà constaté, concilier travail et PMA relève souvent du casse-tête. Néanmoins, comme le stipule la loi, les absences liées aux actes médicaux dans le cadre de ce parcours du combattant sont autorisées. Ainsi, un employeur ne saurait vous les refuser.

Dans la réalité, on ne compte plus les témoignages de femmes qui ont été sanctionnées indirectement à cause de leurs absences au travail. Malheureusement, la situation doit encore évoluer en France pour une meilleure acceptation des femmes en situation de PMA dans le monde professionnel.

Avez-vous réussi à trouver un équilibre entre votre vie professionnelle et votre parcours ? Si vous l’avez trouvé pertinent, n’hésitez pas à partager cet article pour qu’il soit utile au plus grand nombre. 😉 Prenez soin de vous.

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